A l’heure où la réforme de la prise en charge de la dépendance est reportée en France, l’Ipsec s’est intéressée à ses voisins européens.
En pratique, chaque pays reste encore très marqué par ses habitudes passées : systèmes «beveridgiens », « bismarkiens » et traditions des pays du Sud de l’Europe.
Dans la conception bismarkienne, la protection contre la dépendance, comme toute la protection sociale, est assise sur le travail et les cotisations sociales. On retrouve cette approche en Allemagne, en Autriche, au Danemark, en Belgique et en France.
Seuls l’Allemagne et les Pays-Bas ont mis en place des programmes collectifs à grande échelle.
En Allemagne, un accord de 1995 crée une assurance qui couvre 90 % de la population. Elle est financée par une cotisation de 1,95 % (au 1er janvier 2010) sur le salaire brut répartie à parts égales entre l’employeur et le salarié. Autre pays à forte tradition paritaire, les Pays-Bas ont également mis en place un système collectif fondé sur une définition précise des types de dépendance – les Néerlandais ont en effet une notion assez large de l’invalidité.
Dans les pays à tradition beveridgienne,
la protection sociale est prise en charge par l’Etat providence sans lien avec l’emploi et le paritarisme. Elle est donc financée par l’impôt. Sont concernés l’Angleterre, la Suède ou encore l’Espagne. A défaut d’une assurance spécifique, la protection contre la dépendance se présente le plus souvent sous la forme d’une extension du risque maladie. En Angleterre, la dépendance est surtout traitée via les hôpitaux publics, sinon à travers des systèmes privés où la logique serait plus individuelle que collective. L’Europe du Nord est globalement plus généreuse à sa tradition sociale.
L’Europe du Sud, enfin, a longtemps fait reposer la prise en charge de la dépendance sur les familles. Un choix collectif progressivement remis en question avec la hausse du taux d’emploi féminin, notamment en Italie. Dans ce pays, les solutions sont pragmatiques et les intervenants nombreux : les régions, les ordres religieux, les assurances privées…
Malgré le report gouvernemental de la réforme en France, les acteurs n’ont pas abandonné la partie pour autant, voire développent des projets innovants en la matière.
Avec sa nouvelle offre dédiée aux personnes en ALD et sa garantie dépendance collective, l’Ipsec se mobilise sur le sujet et notamment en faveur des aidants.

